un poème de jean repas
oh mon amour
nous n’avons pas connu la joie bégayante des toxicomanes
l’ennui n’était pas le pire
entre tes longues jambes
et le pli de tes hanches quand tu me ****
sauras-tu l’oublier, oui m’oublier en en **** d’autres
je crois que le christ a vraiment dû avoir très peur tout au long de sa vie
c’est obligatoire c’est même la seule chose importante de sa vie
peur d’être le christ et de dire des choses étranges aux hommes qui le sont si peu
oh mon amour le fouissement de ton visage dans mes creux
les odeurs, je vénérais plus l’idole que toi et toi
tu me vénérais, la drogue même tu l’aimais moins
nous avons menti et souffert, la lourde sueur du manque
pue le long de nos bras fins, les épines et les tremblements
en regardant le beau christ langé au-dessus de l’autel
je me suis vu roulant par terre, dans nos merdes, ne supportant
plus rien sinon en finir ou une dose, une dose, une dose
ou peut-être jésus qui entrouvrirait son grand manteau rose
je crois que même les pires tox, les plus décharnés et retors
il les prendrait avec lui pour les laver et les nourrir
moi je ne sais pas si je le ferai de relever le petit souillon
tout défoncé qui se tape la tête dans la poussière du bidonville
lui essuyer le visage et lui payer une barquette de sa tambouille préférée
je ne sais pas mais quand c’est moi qui suis dans la poussière
j’aimerais qu’on soit ainsi avec moi, qu’on me soulève de tout cela
il n’y a rien de pire que d’être de la poussière
quand je vois les gens de peu,
mais d’abord du dégoût
oh mon amour, ensuite oui c’en est
oh mon doux jésus