un poème de loyan

La joie ramène au passé quand on en cherche l’image. Là est la sécurité de ce qui fut. L’esprit en recherche est une goutte qui glisse sur le bord interne et lisse d’un arum avant de plonger dans son trou noir central. Parce que notre soleil brûlera ses dernières ressources sous la forme d’une queue de gaz et de poussières de treize années-lumière de long il est important de chercher à dire les détails infimes des rouages. Nous espérons tuer le tigre de papier en nous. Nous aimerions défier les tenants et produire de la matière par nos pensées, être initiés, écartés et à nouveau ignitiés. Le soleil, notre soleil, grandira jusqu’à englober la terre, notre terre. Que quelque chose pensant soit encore là pour en témoigner car sans regardeur la réalité manque de recul. Pourquoi l’odeur du tilleul ou du buis d’enfance offre la sécurité du souvenir, la joie de moments morts qui sur le moment étaient si peu ? Pourquoi retourner à ce bloc de sel que nous léchons comme chèvres ? Quelle matière du présent a ce goût d’espace - non, plutôt de mer -, restant dans la fraîcheur présente, la prochaine seconde.

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