Archive pour février 2010

saule abattu de philippe fumery 2

pierre d’angle

danger affleurant

le pied achoppe

au bord du fossé

envahi de ronces

le bas du vêtement

entravé

cheville

prise au lacet

trébuchant sur la borne

d’une parcelle hersée

semée de blé

en herbe

mitoyenne

d’une ancienne cense

bloc de marne cassée

à coups de masse

pour chauler

des terres maigres

pierre crayeuse

délitée

extraite

la carrière

abandonnée

moellon d’un soubassement

chapelle mise à sac

vestige de la table d’un autel

fracassé

fonds baptismaux

socle mis en terre

pour sa forme carrée

borne militaire

des légions romaines

à l’approche d’une cité

perchée sur un mamelon

d’où partent sept voies

en travées

la cheville tordue

douloureuse dans la sandale

de cuir

semelle décollée

l’offensive d’alin anseeuw 4

N’est-ce pas plus émouvant de la poésie

Voir le mouvement de plomb dans la page

Tout s’en va tout est dit note l’auteur

Dont le poème chante tombe entre beauté

& nature car la guerre est dans l’angle

Du temps non la poésie qui ne peut tout

Dire la neige et le froid le ciel blanc

Un homme cherche la mort dans son ombre

Et le salut plusieurs fois et j’incline

À penser que sous les arbres on dépasse

Dans un autre espace les nuages du noir

Que cette observation concerne l’auteur

Qui tient ses rêves au bord de la terre

& la folie dans le carré de la création

sonnet justifié de 14 vers de 39 signes

alin anseeuw possède un site internet

bénédictions de jean piano

mon dieu mon très saint dieu national et fier

je m’incline quand passe le chariot ailé de mon âme au-dessus de mon front pur

je vous aime tant quand brillant vous resplendissez sur les cuirasses et les crosses des snipers

mon dieu mon très beau dieu je vous aime

quand je m’enfonce au fond de l’océan à la recherche de la profondeur

mon dieu je vous bénis de ne pas m’y faire chercher la mort mais l’anéantissement

mon dieu gardez-moi de la syncope de l’azote et autres péchés d’orgueil

mon dieu aidez-moi à flécher du premier coup                         l’espadon

le thon

la carangue bleue

et tous les prédateurs qui gardent les portes des profondeurs

au plafond des églises orthodoxes il y a la face du christ panthokrator qui vous couve avec la bonté et la puissance qui lui sied car il a sauvé les hommes

quand vous volez 20 m au-dessus des coraux et des canyons

vous êtes l’aigle             affamé qui chérit ses agneaux             craintifs

vous êtes le christ             panthokrator qui le fusil                         à la main

attend de flécher             le poisson qu’il dévorera le soir à la table fumante et riante

mon dieu mon très beau dieu vous êtes dans les cuisses des filles et dans le calice qui s’élève au-dessus de ma misère

mon dieu mon très beau dieu

la consécration est le moment le plus             important de nos vies

il neige les hosties             blanches dans ma joie illimitée

il neige de l’amour sur les foyers déchirés par l’alcool et la consanguinité, la violence conjugale

il neige des hosties             pleines d’amour

il neige des seringues, des prostituées             compréhensives et honnêtes sur les tarifs

il neige des rois                         salomon

le seigneur est avec vous et avec votre esprit qui neige avec la cocaïne de l’amour universel

ô mon dieu vous qui portez les principes du monde et de la vérité

qui commandez les actions et les gestes de mon corps

je vous aime et veux être oint de la miséricorde sans fin qui coule de votre barbe pluriséculaire

je veux l’hydromel, le festin éternel et les vierges par centaines

à votre droite, à votre gauche, au fond de l’océan

quand suspendu au bout de la ligne de vie je me noie dans le bleu

vous en frissonnerez ô mon             dieu mais je vous tiendrai la main

la joie est vulgaire selon pierre vinclair

A lire, un bel article de Pierre Vinclair consacré à la joie est vulgaire de Charles-Mézence Briseul.