bénédictions de jean piano

mon dieu mon très saint dieu national et fier

je m’incline quand passe le chariot ailé de mon âme au-dessus de mon front pur

je vous aime tant quand brillant vous resplendissez sur les cuirasses et les crosses des snipers

mon dieu mon très beau dieu je vous aime

quand je m’enfonce au fond de l’océan à la recherche de la profondeur

mon dieu je vous bénis de ne pas m’y faire chercher la mort mais l’anéantissement

mon dieu gardez-moi de la syncope de l’azote et autres péchés d’orgueil

mon dieu aidez-moi à flécher du premier coup                         l’espadon

le thon

la carangue bleue

et tous les prédateurs qui gardent les portes des profondeurs

au plafond des églises orthodoxes il y a la face du christ panthokrator qui vous couve avec la bonté et la puissance qui lui sied car il a sauvé les hommes

quand vous volez 20 m au-dessus des coraux et des canyons

vous êtes l’aigle             affamé qui chérit ses agneaux             craintifs

vous êtes le christ             panthokrator qui le fusil                         à la main

attend de flécher             le poisson qu’il dévorera le soir à la table fumante et riante

mon dieu mon très beau dieu vous êtes dans les cuisses des filles et dans le calice qui s’élève au-dessus de ma misère

mon dieu mon très beau dieu

la consécration est le moment le plus             important de nos vies

il neige les hosties             blanches dans ma joie illimitée

il neige de l’amour sur les foyers déchirés par l’alcool et la consanguinité, la violence conjugale

il neige des hosties             pleines d’amour

il neige des seringues, des prostituées             compréhensives et honnêtes sur les tarifs

il neige des rois                         salomon

le seigneur est avec vous et avec votre esprit qui neige avec la cocaïne de l’amour universel

ô mon dieu vous qui portez les principes du monde et de la vérité

qui commandez les actions et les gestes de mon corps

je vous aime et veux être oint de la miséricorde sans fin qui coule de votre barbe pluriséculaire

je veux l’hydromel, le festin éternel et les vierges par centaines

à votre droite, à votre gauche, au fond de l’océan

quand suspendu au bout de la ligne de vie je me noie dans le bleu

vous en frissonnerez ô mon             dieu mais je vous tiendrai la main

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