Archive pour la catégorie ‘création’

géorgiques de guillaume condello 4

et la tristesse des machines

roule

sur le tapis

des pensées            incohérentes

et le sang qui

coule

sur les murs

une fresque            barbare

gestes mémorables

sur la voûte

et le chemin des soleils de néons

identiques

à la croisée des chemins

elle

tombe

hécatombe pour qui

et le sang qui

se fige

d’effroi

tu penses            en regardant

et cela

devant

muet

qui te fixe            sans ciller

dans l’espace intérieur

la mort attend

la bête suivante

et nous

une machine d’os et             de tendons

de muscles

de pistons de

courroies

roule

morceau animal

dans le feu

couverts de graisse

pour les dieux

les bras de l’ouvrier

la viande

le fer, le fer

et toujours recommencé

le flot du sang et

les organes qui

coulent

un corps            écartelé

aux quatre coins

d’une usine             je sais

c’est un endroit

où l’on souffre

au huitième cercle

tourne

les flux continus

des corps sans faute

et le cri

continu

sous le silence des machines

et le cri

informulé

de ce qu’il y a                        là

et le bruit

continu

et la tristesse des machines

l’offensive d’alin anseeuw 6 & dernière

Qui est lisible malgré tout) de lettres

Qu’on affectionne de produire en secret

J’y crois j’ai une pensée autour de toi

Pour me mettre à écrire sur les raisons

De fixer là un sens qu’on ne peut tenir

C’est un peu la poudre qu’il nous jette

Aux yeux (son idée fixe du commencement

Comment s’accroche-t-elle à son présent

Pourquoi des poèmes avec trop de blanc)

Une zone grise emportée par la dynamite

Ou par la vitesse d’écrire sur une page

Quelque chose de techno je ne sais quoi

Commence de la même façon comme le vers

sonnet justifié de 14 vers de 39 signes

alin anseeuw possède un site internet

un poème de loyan

La nuit est le réel de notre monde, marquant la fin de l’aveuglement, passant au noir le tain du fleuve découpé en son milieu par la proue d’un porte-conteneurs descendant à vide, à l’avant de sa masse un silence attentif, à l’arrière des ondes contraires auxquelles se superposent le violet de l’heure brune, les vagues produites provenant de l’eau et du son aussi, un tableau vibrant se mettant en place quelques secondes, l’ensemble valant plus encore après le plomb du jour rehaussé d’abord d’un descendant jaune à l’occident, la conscience s’enfonçant dans une musique d’arrache-tête, seule la joie restant, la joie restée d’adolescent par le retour de la lumière, la route verte d’arbres, la séquence du fleuve, la vue d’étoiles et de lune à demi tranchée, les larmes de la Saint Laurent retournées à leur queue de comète jusqu’à la prochaine année, la joie d’associer des disparus aux différents halos blancs francs ou orangés pâles, la joie de rentrer écrire à l’heure du réel, sous une lumière artificielle, l’air en tête, l’air du fleuve découpé au noir violacé, l’air du silence sur des tympans bourdonnants, l’air d’aimer ces extraits de sur-vie.

l’offensive d’alin anseeuw 5

L’aube ne déchire aucune phrase l’ombre

D’un peu de temps que pour cette raison

On ouvre la terre c’est quelques mètres

Carrés jusqu’à l’horizon Ils sont venus

Pour s’appuyer ils diront que la poésie

Attend cet instant et inonde les doigts

Dans la limite de la lumière les ongles

Tombent le corps s’enfonce dans le bleu

De la terre la poésie exprimée formatée

Je ne sais si la pensée explique un son

De ses plus hautes notes elle est forme

Et fille d’une rhétorique sans pourquoi

(ces vers à prendre comme à perdre sont

À l’œil et l’oreille et sont du prodige

sonnet justifié de 14 vers de 39 signes

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