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	<title>ré pon nou &#187; création</title>
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	<description>le blog des éditions le corridor bleu</description>
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		<title>géorgiques de guillaume condello 12</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Aug 2010 15:56:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

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		<description><![CDATA[et ce n’est pas ces astres brillants en vain en quatre temps égaux nous partagent les ans je chante les moissons je dirais cela n’est plus pareil les êtres animés changent sans doute le printemps vit naître l’univers sans doute et les machines bourdonnent une musique l’été            continue dans la maison climatisée les cigales se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/N°12_2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1108" title="N°12_2" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/N°12_2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>et ce n’est pas</p>
<p>ces astres brillants</p>
<p>en vain en</p>
<p>quatre temps</p>
<p>égaux nous partagent</p>
<p>les ans</p>
<p>je chante</p>
<p>les moissons je dirais</p>
<p>cela</p>
<p>n’est plus pareil</p>
<p>les êtres animés</p>
<p>changent</p>
<p>sans doute</p>
<p>le printemps vit</p>
<p>naître</p>
<p>l’univers sans doute</p>
<p>et les machines</p>
<p>bourdonnent</p>
<p>une musique</p>
<p>l’été            continue</p>
<p>dans la maison</p>
<p>climatisée</p>
<p>les cigales</p>
<p>se taisent déjà elles</p>
<p>savent</p>
<p>l’automne</p>
<p>sans violons et</p>
<p>le chant des</p>
<p>vendanges</p>
<p>et</p>
<p>le sang des machines</p>
<p>sans arrêt</p>
<p>le froid</p>
<p>dans la maison</p>
<p>chauffée</p>
<p>tu ne crains pas</p>
<p>l’hiver</p>
<p>tu marches sans doute</p>
<p>nu comme</p>
<p>les animaux            chez toi</p>
<p>la nature n’a pas encore</p>
<p>profané l’art</p>
<p>we can plant</p>
<p>a house we can</p>
<p>build a tree</p>
<p>ainsi</p>
<p>de tes travaux et</p>
<p>de tes peines</p>
<p>le cercle</p>
<p>tu entends</p>
<p>une musique des</p>
<p>machines des</p>
<p>sphères</p>
<p>quand tu écoutes</p>
<p>le silence</p>
<p>c’est ça que</p>
<p>je chante            sans doute</p>
<p>en vain</p>
]]></content:encoded>
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		<title>géorgiques de guillaume condello 11</title>
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		<comments>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/07/27/georgiques-de-guillaume-condello-11/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Jul 2010 11:08:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

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		<description><![CDATA[et je l’ai vu errer huit heures par             jour après jour             tissant un destin et je l’ai vu tisser une machine une tapisserie pour ses appartements identiques et les Parques désœuvrées les fils qu’elles laissent à l’école huit heures par jour désœuvrées et les Parques disent qu’un homme ait un fils un seul [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/N°11_2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1079" title="N°11_2" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/N°11_2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>et je l’ai vu errer</p>
<p>huit heures par             jour</p>
<p>après jour             tissant</p>
<p>un destin</p>
<p>et je l’ai vu tisser</p>
<p>une machine</p>
<p>une tapisserie</p>
<p>pour ses appartements</p>
<p>identiques</p>
<p>et les Parques</p>
<p>désœuvrées</p>
<p>les fils qu’elles laissent</p>
<p>à l’école</p>
<p>huit heures par jour</p>
<p>désœuvrées</p>
<p>et les Parques disent</p>
<p>qu’un homme ait un fils</p>
<p>un seul</p>
<p>et la maison des ancêtres</p>
<p>et le bien s’amasse dans les salles</p>
<p>au bord de la table</p>
<p>je l’ai vu</p>
<p>assis</p>
<p>sur un banc</p>
<p>la bouche pleine</p>
<p>et le fils sait</p>
<p>où est son père</p>
<p>et le fils qui</p>
<p>refuse la ressemblance</p>
<p>l’œil perdu dans</p>
<p>les tapisseries dessinent</p>
<p>un paysage perdu</p>
<p>et lui</p>
<p>regarde le</p>
<p>destin de son fils</p>
<p>sans lui</p>
<p>s’écrit</p>
<p>inaudible</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>des mois avec des poussins de fleuri delawaere 3</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/07/15/des-mois-avec-des-poussins-de-fleuri-delawaere-3/</link>
		<comments>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/07/15/des-mois-avec-des-poussins-de-fleuri-delawaere-3/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 04:53:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

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		<description><![CDATA[(J’ignorais comment était arrivé un chronomètre dans la table de nuit du père de Gégé. Endurance à limer je pensais ; vitesse à se dépoiler rétorquait le fils ; durée des cris maternels, selon Pat Govin, et encore : concours de longs pets (Guitou). Autour du cul, c’est que nous, dans nos fourrés fortifiés on s’astiquait au rythme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poussins-003.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1074" title="poussins 003" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poussins-003-255x300.jpg" alt="" width="255" height="300" /></a></p>
<p>(J’ignorais comment était arrivé un chronomètre</p>
<p>dans la table de nuit du père</p>
<p>de Gégé. Endurance à limer je pensais ;</p>
<p>vitesse à se dépoiler rétorquait le fils ;</p>
<p>durée des cris maternels, selon Pat Govin,</p>
<p>et encore : concours de longs pets (Guitou).</p>
<p>Autour du cul, c’est que nous,</p>
<p>dans nos fourrés fortifiés on s’astiquait</p>
<p>au rythme de Mère Trotteuse, lorsqu’on</p>
<p>manquait de matière duveteuse ; le léger duvet</p>
<p>de nos couilles suffisait à nous calmer !)</p>
<p>Plus tard – je ne sais plus bien</p>
<p>à quel âge – les poussins ont grandi,</p>
<p>dans ma tête, progression dangereuse. Devenus horribles,</p>
<p>devenus monstres effrayants, dans des rêves tourmentés,</p>
<p>et j’ai voulu m’en défendre.</p>
<p>Je ne sais pas comment l’idée</p>
<p>m’est venue – peut-être juste les drôles</p>
<p>d’idées qu’on rencontre bien souvent</p>
<p>dans la famille – l’idée de protection.</p>
<p>J’ai pensé que pour me prémunir</p>
<p>des affreux poussins, rien de plus efficace</p>
<p>n’existait que le savon de Marseille.</p>
<p>C’était le savon d’abord, Marseille</p>
<p>est venue ensuite. Le savon est gras</p>
<p>et dur, les poussins n’y résisteront</p>
<p>pas, voilà ce à quoi je pensais</p>
<p>– c’est que les poussins sont mous,</p>
<p>peu lardés, et le savon de Marseille</p>
<p>se présente en forme de cube, c’est tout,</p>
<p>tout à fait différent d’un poussin.</p>
<p>Donc je me suis dégoté une grosse</p>
<p>quantité de savon, en bon gros cubes,</p>
<p>avec lesquels j’ai couvert le sol</p>
<p>de ma chambre. Le cube est pratique</p>
<p>aussi pour cela. En le laissant tremper</p>
<p>dans l’eau sur sa base plane,</p>
<p>le cube de savon mollit, il sèche</p>
<p>ensuite, et se soude au sol et,</p>
<p>les côtés des cubes se touchant, ils</p>
<p>forment ensemble une belle chape – les fentes</p>
<p>entre eux permettent de laisser l’eau</p>
<p>chaude s’écouler ; ils se joignent parfaitement.</p>
<p>Donc une belle couverture au sol cimenté,</p>
<p>bien collée. Et quelques temps plus tard,</p>
<p>comme les monstrueux poussins – certes moins virulents –</p>
<p>m’affectaient toujours de leur présence : idée !</p>
<p>Les murs de ma chambre furent doublés</p>
<p>en cubes de savon de Marseille. Évidence :</p>
<p>la taille de ma chambre fut réduite,</p>
<p>avec la grosseur des blocs. La manière</p>
<p>fut la même pour les fixer – trempage</p>
<p>de la base, amollissement, soudure entre eux.</p>
<p>Me foutais du plafond à l’époque.</p>
<p>Fonctionnait pas mon truc, ça enfermait poussins</p>
<p>et visions de poussins. Ils continuèrent piaillant</p>
<p>à tourner autour de ma tête et,</p>
<p>malgré mes sauts et mes brusques fuites,</p>
<p>les tourbillons de touffes jaunes trouvaient toujours</p>
<p>ma tête, que j’avais sûrement tranchée</p>
<p>comme une poule ensanglantée, se déplaçant encore.</p>
<p>Toujours dans les pattes de ma tête</p>
<p>ces cochons tourbillonnants en manque de génitrice !</p>
<p>Voilà comment on devient un poussin sauvage,</p>
<p>moins comme les Garçons de Burroughs que</p>
<p>comme sur le papier glacé des revues</p>
<p>– maquillage (rouges à lèvres, crèmes beauté), vêtements –</p>
<p>voilà comment on trouve une nouvelle peau.</p>
<p>À cette époque je me suis défendu</p>
<p>– devenir poussin quand la poule est femme,</p>
<p>ou plutôt quand une femme s’établit</p>
<p>en poule, maman, ça complique les choses.</p>
<p>Puis on y consent, on acquiesce et</p>
<p>on voit que c’est déjà arrivé,</p>
<p>plus rien à faire et à foutre.</p>
<p>Et après la période Savon de Marseille</p>
<p>j’ai accepté de devenir poussin, et</p>
<p>me suis aperçu de ce qui empêchait</p>
<p>la transformation de s’opérer : la peur.</p>
<p>C’était cette frayeur de la peur</p>
<p>qui faisait obstacle, et non le poussin</p>
<p>que je devenais – sans compter que Fleuri</p>
<p>refusait devenir le « poussin à sa mémère »</p>
<p>– pas envie du tout, du tout homogène</p>
<p>et lunaire, du bloc qu’elle voulait</p>
<p>former serrée avec moi. Et un renversement</p>
<p>eut lieu et bascula tout à coup</p>
<p>le milieu où on vivait. Popa, déjà,</p>
<p>de moins en moins présent, était stagiaire</p>
<p>– de longs stages à Mayenne – pour apprendre,</p>
<p>passer la vitesse supérieure. Son savoir faire</p>
<p>des poussins se transforma en savoir élever</p>
<p>des poulets. Avec maman, pour une fois,</p>
<p>on pensait bien de la même manière :</p>
<p>pour elle, Popa « était pas de taille »,</p>
<p>pour moi, il suffisait de laisser grandir</p>
<p>les poussins et qu’ils deviennent poulets.</p>
<p>Maman dut se faire une raison : Popa</p>
<p>devint le pape du poulet. Il continua</p>
<p>toutefois à surnommer la mère « ma poule »,</p>
<p>et maman commença vite avec « mon poulet ».</p>
<p>Je devins donc son poulet, le sien,</p>
<p>et pas le mien ; car « son » Fleuri</p>
<p>était sorti de la période Savon, consentant</p>
<p>à devenir poussin, le poussin de personne,</p>
<p>poussin de magazines de modes, petit poussin</p>
<p>de vernis à ongles, poussin de cheville</p>
<p>perché au sommet d’un soulier bridé</p>
<p>à hauts talons. Et donc ma peau</p>
<p>nouvelle tranchait avec le poulet que voyait</p>
<p>maman, et surtout elle voulait que Fleuri</p>
<p>reste son poussin. Et qu’il devienne</p>
<p>juste un poussin, autre que le sien,</p>
<p>la fit traverser des angoisses – ou que</p>
<p>des angoisses la traversèrent – et elle prit</p>
<p>sa progéniture pour un fou, un dérangé,</p>
<p>un poussin avec une casquette de traviole,</p>
<p>qui refusait de grandir, de devenir poulet</p>
<p>– c’est étonnant, et de mon côté,</p>
<p>je pensais : c’est son propre désir</p>
<p>que je reste son tout petit poussin</p>
<p>même si pour se dédouaner la salope</p>
<p>me fait passer pour son grand poulet</p>
<p>auprès de la famille – l’infect soutien.</p>
<p>Et son cas s’aggrava, de manière imperceptible ;</p>
<p>aucune angoisse ne la traversa davantage, et</p>
<p>ses crises ne s’intensifièrent pas, non.</p>
<p>La brèche existante s’élargissait puisque maman</p>
<p>demeurait agrippée à l’idée fixe qui</p>
<p>désirait fixer un poussin comme le sien,</p>
<p>alors que moi, je grandissais, assez commun,</p>
<p>et devenais un poussin parmi d’autres,</p>
<p>et juste un poussin : un poussin ordinaire.</p>
<p>Et c’est cette fissure qui courait,</p>
<p>qui élargissait le décalage entre sa fixation</p>
<p>et le fait simple que je grandissais.</p>
<p>Popa, à nouveau, faisait un stage nocturne :</p>
<p>élever des cailles, des bécasses. La nuit</p>
<p>il partait et dormait le jour suivant.</p>
<p>Au terme du stage, il se fit</p>
<p>appeler Monsieur Youki, et ce fut terminé :</p>
<p>il cessa de surnommer maman « ma poule »,</p>
<p>et se sépara irrémédiablement de cette femme-là.</p>
<p>Voilà comment Popa disparut de la circulation.</p>
<p>D’ailleurs, rien n’avait jamais circulé,</p>
<p>sinon la volaille – et encore ; toute jeune.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>des mois avec des poussins de fleuri delawaere 2</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/06/23/des-mois-avec-des-poussins-de-fleuri-delawaere-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Jun 2010 18:41:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/?p=1007</guid>
		<description><![CDATA[Je les aime. Je les ai détestés. Dans la bande du quartier, dix ans on avait et on exécrait les poussins. On s’en faisait des poings américains, ça saignait tout le long du bras, on était des grands chefs ; les plus forts. On enrobait des poussins dans la terre molle, on se les jetait, protégés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poussins-002.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1009" title="poussins 002" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poussins-002-252x300.jpg" alt="" width="252" height="300" /></a></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Je les aime. Je les ai détestés.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Dans la bande du quartier, dix ans</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on avait et on exécrait les poussins.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On s’en faisait des poings américains,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">ça saignait tout le long du bras,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on était des grands chefs ; les plus forts.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On enrobait des poussins dans la terre</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">molle, on se les jetait, protégés ici</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">par une haie, là par un fourré</span></span></p>
<p>– <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">une rue séparait nos touffus châteaux-forts végétaux.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On avait une réserve : car mon père</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">en élevait. Oui, ce grand opportuniste gouvernait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">des poussins. Et on va commencer avec</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">une anecdote bien meurtrière : l’appellation contrôlée</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">qu’il donnait ordinairement à la mère. </span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">J’aurais trouvé ça drôle,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">ou idiot, si le père avait fait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">autre chose comme métier ; c’était déplacé,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">scabreux, qu’il use du mot poule</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">pour appeler maman. Donc il appelait maman</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">« ma poule », et maman appelait « mon poussin »</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">sa progéniture – Fleuri Delawaere – c’est moi.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">C’était une drôle d’idée, toujours</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on a eu de drôles d’idées</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">dans la famille – et moi, une fois</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">j’ai trouvé un canard, tout petit,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">du genre de Saturnin – lequel m’effrayait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">par ailleurs, il faisait noir, sombres étaient</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">les paysages coupés en brut par objets</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">lumineux surexposés, la musique devait être angoissante,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">peut-être effroyable – j’ai eu un canard.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Une drôle d’idée ; c’est que</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">les canards marchent par deux, invariables, deux</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">en un, et les poussins par milliers</span></span></p>
<p>– <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">c’est pour ça que je trouve</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">qu’ils sont déplacés dans les revues,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">seuls, et aussi lorsqu’on appelle poussin</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">son enfant, et j’ai une véritable</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">compassion aujourd’hui pour ces poussins esseulés, déportés.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Je l&#8217;avais trouvé, rencontré tout seul,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">n&#8217;y pouvais rien : il était un !</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Fleuri n&#8217;avait rien séparé, pas brisé</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">le duo qu&#8217;ils forment d&#8217;ordinaire.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Donc autrefois j’ai eu un canard,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">mort sous une passoire à nouilles, enfermé</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">là par maman – ça chie les canards,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">ça chie sur la moquette, ça dépote</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">sévère et un peu partout et aussi,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">tout seul, ça meurt : marcher à deux,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">un canard derrière un autre canard, voilà</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">ce qui leur faut pour vivre longtemps.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Voilà comment il est mort, tout seul</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">sous une passoire à nouilles métallique retournée,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">où des morceaux d’émail rose manquaient.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Et voilà aussi comment on n’aimait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">pas les poussins, au point de jeter</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">d’un bosquet à un autre bosquet</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">des poussins en terre à la figure</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">des copains, terre molle et bien serrée.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">C’est grâce à moi que tous,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">toute la bande, on les a détestés</span></span></p>
<p>– <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">à cause du père, de son élevage</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">et de sa poule qui était maman.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">J’allais oublier les concours de délivrance.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Quand on organisait un Concours de Délivrance</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">c’est que le stock de poussins,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">chez le père, était au plus bas,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">et que, quand on se les jetait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">à la face, ça ne servait pas</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">deux fois bien souvent, c’était rare</span></span></p>
<p>– <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on était fort puissant dans nos châteaux-forts.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Et donc s’il ne pleuvait pas</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on fabriquait une sorte d’épaisse bouillasse,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on essayait de trouver la bonne consistance,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">celle de la terre molle qui maintient</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">serrés les poussins. Et on la malaxait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">dans la passoire à nouilles du canard</span></span></p>
<p>– <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">celle qui l’a tué – rose écaillée,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">et l’eau en trop s’écoulait.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On obtenait ainsi une bonne pâte molle</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">capable de contenir un bon gros poussin.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">Gégé, mon meilleur copain, piquait le chronomètre</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">dans un tiroir chez lui, celui du père,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">rangé dans la table de nuit vitrifiée,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">et c’était lui qui chronométrait, calculait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">le temps qu’on mettait à délivrer</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">le poussin de la motte en pissant.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On pissait et la terre se désagrégeait,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">et ensuite on courait après le poussin</span></span></p>
<p>– <span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">quéquette en main, enfin, entre deux doigts –</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">si le poussin avait encore la forme.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">C’était le must. On se retenait</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">de pisser jusqu’au Concours de Délivrance,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on buvait beaucoup d’eau très fraîche.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On courait aussi, au jardin, chez Gégé,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">parfois, sans faire de boule de terre,</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">on pissait en poursuivant le petit animal.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Garamond,serif;"><span style="font-size: x-small;">On les aimait bien finalement les poussins.</span></span></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
]]></content:encoded>
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		<title>lunae dies de maxime laine 5</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/06/20/lunae-dies-de-maxime-laine-5-2/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 21:51:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

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		<description><![CDATA[OCEANUS PROCELLARUM Océan des tempêtes Un jour, Vous serez, Conséquents, Un jour vous serez, Tous, Devant. Quand la mer mugira, rugira, frénétique, La plainte préhistorique, la voix rauque du glas, Quand l’orage brutal, dans les cieux électriques, Grondera, éclatera, en éclairs de génie. C’est du vent en rafales que viendra la panique, Et la pluie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/Oceanus-Procellarum.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1002" title="Oceanus Procellarum" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/Oceanus-Procellarum-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></h6>
<h6>OCEANUS PROCELLARUM</h6>
<h5>Océan des tempêtes</h5>
<p><em> </em></p>
<p>Un jour,</p>
<p>Vous serez,</p>
<h2><em>Conséquents,</em></h2>
<p>Un jour vous serez,</p>
<p>Tous,</p>
<p>Devant.</p>
<p>Quand la mer mugira, rugira, frénétique,</p>
<p>La plainte préhistorique, la voix rauque du glas,</p>
<p>Quand l’orage brutal, dans les cieux électriques,</p>
<p>Grondera, éclatera, en éclairs de génie.</p>
<p>C’est du vent en rafales que viendra la panique,</p>
<p>Et la pluie n’en finira pas,</p>
<p>Et la pluie,</p>
<p>Sera lasse,</p>
<p>De tomber</p>
<p>Vengeresse,</p>
<p>Sur vos mines déconfites.</p>
<p>Une nuit,</p>
<p>Peut-être,</p>
<h2><em>Vivants,</em></h2>
<p>Une nuit vous sentir,</p>
<p>En un mot comme en cent,</p>
<p>Au commencement.</p>
<p>Car enfin c’est assez des remèdes d’officine,</p>
<p>De la pompe à morphine et des tranquillisants,</p>
<p>Bien avant l’abandon il y a la colère,</p>
<p>Inflammable comme le gaz, étincelle de raison.</p>
<p>C’est dans les feux follets qu’apparaissent les sorcières,</p>
<p>Et dans les marécages,</p>
<p>Il ne sera plus temps,</p>
<p>Pour l’oraison funèbre,</p>
<p>Les ténèbres,</p>
<p>Glacent déjà,</p>
<p>Votre mauvais sang.</p>
<p>Un jour</p>
<p>Une nuit,</p>
<h2><em>Inconscients,</em></h2>
<p>Papillons, bourdonnements,</p>
<p>Un, dix, cent,</p>
<p>Indistinctement.</p>
<p>La grande muette s’astique toujours le lance-roquettes,</p>
<p>L’anesthésie, mon général, a fait son temps,</p>
<p>Deux mille ans quand j’y pense, c’était un bail honnête,</p>
<p>Le carmin débordant de la gueule des volcans.</p>
<p>Tapi dans l’indicible, j’admire un clair de Terre,</p>
<p>Et c’est ma primauté,</p>
<p>Vous toiser identique,</p>
<p>Voir déferler sur vous,</p>
<p>Les Barbares, les Vandales,</p>
<p>Pire encore,</p>
<p>Les Pictes.</p>
<p>Gaussez-vous, riez du rire sonore des fous,</p>
<p>Fermez vos coffres à clef, étouffez-vous en l’avalant,</p>
<p>Vous pouvez mille fois vous diviser,</p>
<p>Vous retrancher dans les abysses des océans,</p>
<p>C’est pourtant le soleil des loups,</p>
<p>Qui luit sur le fait accompli,</p>
<p>Le feu, la cendre, le vent, la pluie,</p>
<p>Dans la fureur des éléments,</p>
<p>La barque traversera vos nuits.</p>
<p>Et cela dure,</p>
<p>Et cela dure…</p>
<p>Vous serez tous,</p>
<p>Un jour,</p>
<h2><em>Devant&#8230;</em></h2>
<p>Mes insondables sentiments,</p>
<h2><em>La nuit des temps.</em></h2>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>géorgiques de guillaume condello 10</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/06/07/georgiques-de-guillaume-condello-10/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 04:48:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/?p=983</guid>
		<description><![CDATA[sous les soleils de néon je l’ai vu attendre dans les salles le bien s’amasse jour après jour et les murs la terre retournée et ces lieux inconnus que j’ai vu sous les soleils de néon jour après jour comme un filet d’eau ou de sable entre mes doigts passent les corps attendent et l’homme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/N°10_2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-985" title="N°10_2" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/N°10_2-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></p>
<p>sous les soleils de néon</p>
<p>je l’ai vu</p>
<p>attendre</p>
<p>dans les salles</p>
<p>le bien s’amasse</p>
<p>jour après</p>
<p>jour</p>
<p>et les murs</p>
<p>la terre retournée</p>
<p>et ces lieux inconnus que</p>
<p>j’ai vu</p>
<p>sous les soleils de néon</p>
<p>jour après</p>
<p>jour</p>
<p>comme un filet d’eau ou</p>
<p>de sable entre</p>
<p>mes doigts passent</p>
<p>les corps</p>
<p>attendent<em></em></p>
<p>et l’homme nu dans</p>
<p>les salles</p>
<p>s’amasse</p>
<p>et l’homme nu</p>
<p>vêtu de lumière identique</p>
<p>ou de nuit</p>
<p>sous les soleils de</p>
<p>la terre</p>
<p>je l’ai vu</p>
<p>se resserrer</p>
<p>chez lui et             identique</p>
<p>infiniment</p>
<p>je l’ai vu</p>
<p>se reniant et toujours</p>
<p>fier</p>
<p>dédaignant</p>
<p>car il fut Grec</p>
<p>pourtant</p>
<p>je l’ai vu</p>
<p>vêtu d’une flamme</p>
<p>antique</p>
<p>où la langue parle</p>
<p>une langue de feu</p>
<p>j’ai vu un homme nu</p>
<p>où ma langue parle</p>
<p>d’ici</p>
<p>et le bien s’amasse dans les salles</p>
<p>errant</p>
<p>jours après</p>
<p>jours</p>
<p>sans voyage</p>
<p>un voile couvre les fenêtres</p>
<p>et le bien s’amasse</p>
<p>dans les salles</p>
<p>sous les soleils de néon</p>
<p>et par la fenêtre défilent</p>
<p>jour après</p>
<p>jour</p>
<p>les rails</p>
<p>vers un espace identique</p>
<p>intérieur</p>
<p>et les corps</p>
<p>tremblent<em></em></p>
<p>d’abord une maison</p>
<p>et l’espace autour qui</p>
<p>se resserre</p>
<p>et il regarde            sauvage</p>
<p>les champs</p>
<p>le corps des usines</p>
<p>sous les soleils de néon</p>
<p>et la fatigue inaudible</p>
<p>déportés</p>
<p>et les corps attendent</p>
<p>jour après jour</p>
<p>et il regarde</p>
<p>un temps où</p>
<p>le temps dérive</p>
<p>vers</p>
<p>un chemin qui se refuse</p>
<p>aux foules</p>
<p>sous les soleils de néon</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>lunae dies de maxime laine 5</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/05/30/lunae-dies-de-maxime-laine-5/</link>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 10:45:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/?p=962</guid>
		<description><![CDATA[LACUS TIMORIS Lac de l’effroi L’humidité de la forêt, L’austérité des pins serrés, Je suis la mousse, je suis le pas, Le craquement sec d’un bout de bois, Que tu perçois derrière ton dos, Quand le silence et la pénombre Te font ressentir les frimas, Quand je projette par-dessus toi Le jaspe et l’or étincelants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h6><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/Lacus-Timoris.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-965" title="Lacus Timoris" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/Lacus-Timoris-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></h6>
<h6>LACUS TIMORIS<br />
Lac de l’effroi</h6>
<p>L’humidité de la forêt,<br />
L’austérité des pins serrés,<br />
Je suis la mousse, je suis le pas,<br />
Le craquement sec d’un bout de bois,<br />
Que tu perçois derrière ton dos,</p>
<p><span id="more-962"></span></p>
<p>Quand le silence et la pénombre<br />
Te font ressentir les frimas,<br />
Quand je projette par-dessus toi<br />
Le jaspe et l’or étincelants<br />
De mes étendues de verglas,</p>
<p><!--more--></p>
<p>Je suis cette ombre qui passe au loin,<br />
Celle qui déblaye les immondices,<br />
Je suis rôdeur que chouette effraye,<br />
Je communique avec malice<br />
A l’astre mort mes méfaits,</p>
<p><!--more--></p>
<p>Le chant lugubre du rossignol,<br />
L’altération des perceptions,<br />
La peur panique des lunes gibbeuses,<br />
La redingote de la faucheuse,<br />
Le plus sûr de tous les refuges,</p>
<p><!--more--></p>
<p>Je t’enveloppe<br />
N’aie nulle peur,<br />
Aussi noir<br />
Qu’est mon cœur,<br />
Je ne suis<br />
Que la <em><strong>Nuit</strong>.</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>trois poèmes de pierre vinclair 3</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/05/28/trois-poemes-de-pierre-vinclair-3/</link>
		<comments>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/05/28/trois-poemes-de-pierre-vinclair-3/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 28 May 2010 07:59:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/?p=950</guid>
		<description><![CDATA[Les baguettes de Mejiro marcheur essaieras-tu en tapant des jambes sur le béton (sa peau épaisse) de carotter tokyo pour y découvrir les strates du sens &#38; les objets manufacturés qui le composent   ouvre l'œil du côté de mejiro tu découvres sur le sol une paire de baguettes sécables tombée d’un bento industriel de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<pre style="text-align: center;"><strong><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/dsc03189.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-953" title="dsc03189" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/dsc03189-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>
</strong></pre>
<pre style="text-align: center;"><strong>Les baguettes de Mejiro</strong></pre>
<pre style="text-align: center;">marcheur essaieras-tu en tapant des jambes</pre>
<pre style="text-align: center;">sur le béton (sa peau épaisse) de carotter</pre>
<pre style="text-align: center;">tokyo pour y découvrir les strates du sens</pre>
<pre style="text-align: center;">&amp; les objets manufacturés qui le composent</pre>
<pre style="text-align: center;"> <span id="more-950"></span></pre>
<pre style="text-align: center;">ouvre l'œil du côté de mejiro tu découvres</pre>
<pre style="text-align: center;">sur le sol une paire de baguettes sécables</pre>
<pre style="text-align: center;">tombée d’un bento industriel de là imagine</pre>
<pre style="text-align: center;">si tu le peux une légende depuis l'origine</pre>
<pre style="text-align: center;"> <!--more--></pre>
<pre style="text-align: center;">*</pre>
<pre style="text-align: center;">la fabrication de ces baguettes à hokkaido</pre>
<pre style="text-align: center;">par des ouvriers chinois usés par la neige</pre>
<pre style="text-align: center;">(lorsqu'ils rentrent le soir ils utilisent</pre>
<pre style="text-align: center;">les mêmes baguettes avec fierté ou dégoût)</pre>
<pre style="text-align: center;"> <!--more--></pre>
<pre style="text-align: center;">les machines vieillies identiques à celles</pre>
<pre style="text-align: center;">qu'on manœuvre au collège dans le cours de</pre>
<pre style="text-align: center;">techno à diriger en attendant la prochaine</pre>
<pre style="text-align: center;">pause une autre usine les emballe par cent</pre>
<pre style="text-align: center;"> <!--more--></pre>
<pre style="text-align: center;">dix gros wagons chargés par des étudiantes</pre>
<pre style="text-align: center;">sans argent les avalent brinquebalant sous</pre>
<pre style="text-align: center;">le tunnel du seikan en direction de honshu</pre>
<pre style="text-align: center;">où des camions pleins s'en vont vers tokyo</pre>
<pre style="text-align: center;"> <!--more--></pre>
<pre style="text-align: center;">la tournée des remorqueurs en sens inverse</pre>
<pre style="text-align: center;">de la yamanote line commence par ikebukuro</pre>
<pre style="text-align: center;">&amp; ils arrivent encore bien pleins à mejiro</pre>
<pre style="text-align: center;">les camions sont déchargés par des enfants</pre>
<pre style="text-align: center;"><!--more--></pre>
<pre style="text-align: center;">*</pre>
<pre style="text-align: center;">un employé ayant rendez-vous au love-hotel</pre>
<pre style="text-align: center;">avec sa maîtresse avale son bento en route</pre>
<pre style="text-align: center;">lorsqu'il aperçoit que sa femme le suivait</pre>
<pre style="text-align: center;">il en lâche ses baguettes surpris &amp; dépité</pre>
]]></content:encoded>
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		<title>trois poèmes de pierre vinclair 2</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 04:59:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

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		<description><![CDATA[les fissures d'otsuka fuir le dépôt des bus municipaux d'otsuka &#38; prendre le chemin du lycée atomi rechercher les terrains vagues la maison avec un torii shintô rouge planté dans le balcon en béton quelques personnes posées sur les trottoirs vous observent vous fier à votre instinct &#38; emprunter l’escalier tombant sur le bitume dégringolant escalier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<pre><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poème24.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-946" title="poème24" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poème24-191x300.jpg" alt="" width="191" height="300" /></a>
<strong>les fissures d'otsuka</strong>

<span id="more-941"></span>
fuir le dépôt des bus municipaux d'otsuka &amp;</pre>
<pre>prendre le chemin du lycée atomi rechercher</pre>
<pre>les terrains vagues la maison avec un torii</pre>
<pre>shintô rouge planté dans le balcon en béton</pre>
<pre>
<!--more--><!--more-->

quelques personnes posées sur les trottoirs</pre>
<pre>vous observent vous fier à votre instinct &amp;</pre>
<pre>emprunter l’escalier tombant sur le bitume</pre>
<pre>dégringolant escalier d'otsuka-5 à otsuka-6</pre>
<pre> <!--more--></pre>
<pre>ou l'aiguiser jusqu'à identifier les signes</pre>
<pre>dans la ville la déclivité dans les brèches</pre>
<pre>des immeubles hauts &amp; les fissures derrière</pre>
<pre>une passe un goulet pour précipiter le pied</pre>
<pre> <!--more--></pre>
<pre>dans le vide attendre recommencer plus loin</pre>
<pre> <!--more--></pre>
<pre>éviter le jardin hideux face au bain public</pre>
<pre>(l'horreur municipale standard à contourner</pre>
<pre>attention au plot) fouler le goudron coloré</pre>
<pre>voir derrière pour chercher quoi son regard</pre>
]]></content:encoded>
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		<title>trois poèmes de pierre vinclair 1</title>
		<link>http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/2010/05/17/trois-poemes-de-pierre-vinclair-1/</link>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 12:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmb</dc:creator>
				<category><![CDATA[création]]></category>

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		<description><![CDATA[courgettes à nishi-nippori à lionel dersot nous dépassions le sommet perdu d'une pente   (la présence de cimetières &#38; de sanctuaires qui tiennent la terre jusqu’à yanaka assure à tokyo-monde de contenir aussi la province   quelques bicoques murs patinés avec poutres au milieu de ce qui n'a pas reçu nomination   le contemporain sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<pre style="text-align: left;"><a href="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poème20.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-925" title="poème20" src="http://www.lecorridorbleu.fr/Blog/wp-content/uploads/poème20-201x300.jpg" alt="" width="201" height="300" /></a>
<strong>courgettes à nishi-nippori</strong>

<em>à lionel dersot</em>
<span id="more-912"></span>

nous dépassions le sommet perdu d'une pente

 

(la présence de cimetières &amp; de sanctuaires

qui tiennent la terre jusqu’à yanaka assure

à tokyo-monde de contenir aussi la province

 

quelques bicoques murs patinés avec poutres

au milieu de ce qui n'a pas reçu nomination

 

le contemporain sous sa couche de carrelage

à meurtrières qui contrent la lumière jaune

des voitures dont la vitesse est 20km/h max

 

la bâche étouffe les grilles du vieux carré

d'herbes qu'une estampe ancienne représente

bien ? en lieu de plaisir sauvage exotique)

 

oui mais avec la mine de plomb du ciel gris

la crécelle des cigales fait typhon à venir

de trouées brèves à travers nuages &amp; soleil

vers les humains en marche pour quel chemin

 

nous abandonnons-nous à rejoindre le bitume

avec les rails &amp; le fer de nippori si connu

d'immeubles encor la barre des perspectives

 

nous voudrions tourner les yeux vers Yanaka

ou nous enfuir toujours plus loin à l’ouest

ne pas se tourner avant d'avoir touché quoi

 

au milieu du basilic des courgettes bradées

(cent yens les deux) attendent sur la terre

<!--more-->

illustration: <em>Le promontoire de Suwa, vers Nippori</em>
de Hiroshige
15ème estampe d'une série de 100 vues d'Edo</pre>
]]></content:encoded>
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