Archive pour la catégorie ‘création’

lunae dies de maxime laine 5

OCEANUS PROCELLARUM
Océan des tempêtes

Un jour,

Vous serez,

Conséquents,

Un jour vous serez,

Tous,

Devant.

Quand la mer mugira, rugira, frénétique,

La plainte préhistorique, la voix rauque du glas,

Quand l’orage brutal, dans les cieux électriques,

Grondera, éclatera, en éclairs de génie.

C’est du vent en rafales que viendra la panique,

Et la pluie n’en finira pas,

Et la pluie,

Sera lasse,

De tomber

Vengeresse,

Sur vos mines déconfites.

Une nuit,

Peut-être,

Vivants,

Une nuit vous sentir,

En un mot comme en cent,

Au commencement.

Car enfin c’est assez des remèdes d’officine,

De la pompe à morphine et des tranquillisants,

Bien avant l’abandon il y a la colère,

Inflammable comme le gaz, étincelle de raison.

C’est dans les feux follets qu’apparaissent les sorcières,

Et dans les marécages,

Il ne sera plus temps,

Pour l’oraison funèbre,

Les ténèbres,

Glacent déjà,

Votre mauvais sang.

Un jour

Une nuit,

Inconscients,

Papillons, bourdonnements,

Un, dix, cent,

Indistinctement.

La grande muette s’astique toujours le lance-roquettes,

L’anesthésie, mon général, a fait son temps,

Deux mille ans quand j’y pense, c’était un bail honnête,

Le carmin débordant de la gueule des volcans.

Tapi dans l’indicible, j’admire un clair de Terre,

Et c’est ma primauté,

Vous toiser identique,

Voir déferler sur vous,

Les Barbares, les Vandales,

Pire encore,

Les Pictes.

Gaussez-vous, riez du rire sonore des fous,

Fermez vos coffres à clef, étouffez-vous en l’avalant,

Vous pouvez mille fois vous diviser,

Vous retrancher dans les abysses des océans,

C’est pourtant le soleil des loups,

Qui luit sur le fait accompli,

Le feu, la cendre, le vent, la pluie,

Dans la fureur des éléments,

La barque traversera vos nuits.

Et cela dure,

Et cela dure…

Vous serez tous,

Un jour,

Devant…

Mes insondables sentiments,

La nuit des temps.

géorgiques de guillaume condello 10

sous les soleils de néon

je l’ai vu

attendre

dans les salles

le bien s’amasse

jour après

jour

et les murs

la terre retournée

et ces lieux inconnus que

j’ai vu

sous les soleils de néon

jour après

jour

comme un filet d’eau ou

de sable entre

mes doigts passent

les corps

attendent

et l’homme nu dans

les salles

s’amasse

et l’homme nu

vêtu de lumière identique

ou de nuit

sous les soleils de

la terre

je l’ai vu

se resserrer

chez lui et             identique

infiniment

je l’ai vu

se reniant et toujours

fier

dédaignant

car il fut Grec

pourtant

je l’ai vu

vêtu d’une flamme

antique

où la langue parle

une langue de feu

j’ai vu un homme nu

où ma langue parle

d’ici

et le bien s’amasse dans les salles

errant

jours après

jours

sans voyage

un voile couvre les fenêtres

et le bien s’amasse

dans les salles

sous les soleils de néon

et par la fenêtre défilent

jour après

jour

les rails

vers un espace identique

intérieur

et les corps

tremblent

d’abord une maison

et l’espace autour qui

se resserre

et il regarde            sauvage

les champs

le corps des usines

sous les soleils de néon

et la fatigue inaudible

déportés

et les corps attendent

jour après jour

et il regarde

un temps où

le temps dérive

vers

un chemin qui se refuse

aux foules

sous les soleils de néon

lunae dies de maxime laine 5

LACUS TIMORIS
Lac de l’effroi

L’humidité de la forêt,
L’austérité des pins serrés,
Je suis la mousse, je suis le pas,
Le craquement sec d’un bout de bois,
Que tu perçois derrière ton dos,

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trois poèmes de pierre vinclair 3


Les baguettes de Mejiro
marcheur essaieras-tu en tapant des jambes
sur le béton (sa peau épaisse) de carotter
tokyo pour y découvrir les strates du sens
& les objets manufacturés qui le composent
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