Archive pour la catégorie ‘parutions’
abondons avec antoine dufeu
Antoine Dufeu, que l’on connaît pour la gigantesque revue MIR commise avec Christophe Manon en leurs éditions IKKO (défuntes), après plusieurs livres notamment chez mix, publie Abonder qui souhaite faire se rencontrer la poésie et l’économie. En suivant les pérégrinations d’Arthur Gonzalès-Ojjeh, citoyen métèque, de par le monde et le temps, la poésie se veut dénonciation de l’exploitation de l’homme par l’homme en vue du profit mais condamnation lyrique, souffrante, vécue. Au-delà des corps marqués et traqués par le capital, il y a la promesse d’une fraternité universelle, éternelle, planétaire. C’est l’amour qui nous sauvera. On ne peut qu’inviter nos lecteurs à se plonger dans ce livre passionnant qui multiplie les références savantes (entre autres L’égalité économique de Jacques Buboin) et sérieuses (données chiffrées), les expérimentations graphiques, les envolées lyriques et cosmiques. Car demeure toujours la question de l’effectivité de ce que l’on écrit. Désirer et dénoncer, cela suffit-il? Poser la question c’est douter d’une réponse présupposée par l’existence même du livre.
abonder d’antoine dufeu
chez nous
272 p. / 24 €
nos amis publient
Après un automne sur les routes du Nord,
le numéro 3 de Z sort des presses.
Il rend compte des combats ouvriers rencontrés
à Amiens et ses alentours,
pose la question de l’autogestion,
mais aussi celle de la production et de ses finalités.
Au cœur de notre itinérance en Picardie : des ouvriers qui se battent dans une région frappée par la désindustrialisation. Goodyear, Dunlop, Manufacture française de sièges, Continental…
Autant d’usines à Amiens et ses alentours dans lesquelles nous avons rencontré ceux qui refusent de baisser la tête. Souvent sans aucun soutien des confédérations syndicales, ces travailleurs se démènent pour le maintien de leur emploi, contre de nouvelles cadences ou pour arracher de conséquentes indemnités de licenciement.
De prime abord défensives, ces luttes n’incarnent-elles que l’image d’un monde ouvrier désabusé, réduit à parer les coups du management moderne et des « lois » de l’économie ?
Nous avons eu un autre sentiment : loin d’être le reflet d’un simple sursaut de dignité ponctuel et évanescent, ces mouvements ouvriers ouvrent des possibles – ici et là.
Aussi au sommaire de ce Z n°3 :
un dossier sur la fièvre catharrale ovine (FCO) qui donne la parole à des bergers en colère, un reportage sur la lutte des Kurdes contre les barrages hydrauliques turcs, un retour chronologique sur le fiasco des débats publics au sujet des nanotechnologies, un reportage sur les hortillonages d’Amiens (ces jardins potagers autogérés – ou pas), une enquête sur les puces RFID dans les transports en commun de Lille, un photo-reportage sur les migrants de Calais, un entretien imaginaire avec un millénariste du XVe siècle… et bien d’autres surprises!
Disponible en librairie ou sur commande, 192 pages, 10 euros.
Plus que jamais, Z invite ses lecteurs à participer à ses aventures : nous partons ce lundi 5 avril pour Nantes et allons y rester plus d’un mois…
Discuter, rencontrer, enquêter sur les questions de capitalisme vert, d’écologie radicale, de contrôle verdoyant…
Si vous voulez écrire, dessiner, photographier, maquetter, graphiquer, imprimer, etc., avec nous, écrivez-nous à :
Z c/o La parole errante
9, rue François Debergue
93100 Montreuil
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Qui vive par Christophe Manon
80 p., 14/19 cm, 14 €.
isbn : 978-2-917136-36-2
Présentation de l’auteur :
Christophe Manon est né le 19 mars 1971, il vit et travaille à Paris. Il a obtenu une bourse d’aide à l’écriture par le Centre National du Livre en 2002. Depuis plusieurs années, il publie régulièrement en revue et participe à de nombreuses lectures.
Christophe Manon, avec ce récit fragmentaire, poursuit son travail d’exploration des possibles. Tanguant entre rêves et souvenirs le narrateur vit tour à tour des scènes de fin du monde où le désordre règne et des scènes de contemplation de l’être aimé avant les violences. Résolument ancré aussi dans un discours politique de la fraternité ce récit salue la lutte que l’on n’abandonne pas et la foi en la vie.
Extrait:
Tiens bon, camarade, le dénouement est proche.Nous pénétrons dans les zones interdites de la réalité. Nous y retournerons en rêve obstinément. Nombreux sont ceux qui aimaient et qui aiment moins à présent. Le jour viendra où ils recommenceront à plaquer des listes sur les portes, à marquer le torse de ceux qui ne savent pas obéir, à coller du plomb dans les cervelles gênantes pleines de souvenirs écarlates, pleines de rêves utopiques et de frêles pensées. Des hommes vêtus de manteaux gris tombant jusqu’au sol, ceinturés de cuir, iront chaque nuit à leurs tâches, toujours les mêmes, jamais les mêmes, ils descendront dans des sous-sols, graviront des escaliers de pierre, dicteront des rapports, rempliront des fiches, annoteront des dossiers, passeront des consignes, exécuteront des arrêts. En réalité ils somnoleront. Mais nous sommes là et nous veillons. Bientôt ils aimeront de nouveau comme avant. Il nous faut si peu en ce monde que nous sommes prêts à bondir de joie au moindre nouvel événement. Des ténèbres présentes jaillira la source puissante de nos victoires futures.





