Nous avons le plaisir de vous annoncer la
Conférence
« Jules Hermann et les visions de la montagne »
par Nicolas Gérodou
en salle de conférence de l’ESA
le mardi 21 mars à 17h
avec le partenariat de LERKA
LERKA

entrée libre

Jules Hermann
L’auteur des fameuses Révélations du Grand Océan ne se serait certainement pas douté à la veille de sa mort, en 1924, que ses continuateurs ne seraient pas des scientifiques, mais bien des artistes : ce sont pourtant des plasticiens et des écrivains qui ont repris l’héritage de ce livre en tous points visionnaire. Les  Révélations fournissent en effet un inépuisable réservoir d’images à celui qui saura voir les « riens visibles » qui ont hanté ce Marcel Duchamp tropical pendant cinquante ans.
Deux grandes séries de visions se développent dans son œuvre lémurienne. La première, cosmique, anime une stupéfiante scène primitive où la Terre copule avec un gigantesque « corps errant dans l’espace », une comète qui, raconte Hermann, va déformer le globe, et métamorphoser la carte du monde, faisant disparaître le continent lémurien originel[1], dont ne subsisteront que les plus hauts sommets émergés, Madagascar et les Mascareignes. Un palimpseste hermannien (« L’enfance de l’art » selon son auteur) dont s’inspire l’imaginaire géographique de Stéphane Gilles…
Une seconde série d’images se dégage peu à peu dans les Révélations : en présentant dans le cinquième et dernier Livre[2] des cartes postales surréalistes de la Montagne Saint-Denis, Hermann raconte les sidérantes visions qui lui permettent de décrire les centaines de sculptures géantes dont les anciens Lémurien ont selon lui orné la falaise préhistorique. Monstres et Dieux, Lémures et âmes errantes suggèrent aujourd’hui à Kid Kréol et Boogie un répertoire infini de fantômes errant sur les murs de l’île.
De Mickaël Elma à Christian Floy Jalma, de Stéphane Gilles à Julien Blaine, les artistes contemporains n’ont cessé de faire écho à cette œuvre ouverte et inachevée. Les Révélations du Grand Océan apparaissent de plus en plus comme une matrice pour les artistes-révélateurs qui se risquent à illuminer la lanterne magique des visions hermanniennes.

Nicolas Gérodou
Écrivain et poète, il a rédigé l’introduction de « Le Préhistorique à l’Ile Bourbon », volume V des « Révélations du Grand Océan » aux éditions Le Corridor Bleu en 2015. En 2016 il a dirigé l’édition de “Paroles de Kabary, une anthologie de la parole poétique à Madagascar” aux Éditions Poisson Rouge.
Il a publié «Passage des Lémures en pays Mafate» et «Ber de l’étang» aux éditions Grand Océan.

La conférence sera accompagnée de projection photo
=> cartes postales figurant dans Révélations du Grand Océan et œuvres d’artistes contemporains.

[1] Ce même continent dont s’inspirera Robert Smithson dans une installation de land art en 1969, The hypothetical continent of Lemuria (Cf. Gilles A. Tiberghien, Finis terrae, imaginaires et imaginations cartographiques, Paris, Bayard, 2007).
[2] Le Préhistorique à l’île Bourbon (1927), récemment réédité (Saint-Pierre, Le Corridor bleu, 2015) et illustré d’une œuvre de Kid Kréol et Boogie.