L'OMBRE DU JOURJean-Pierre Jossua consacre un bel article dans la Revue des sciences philosophiques et théologiques au dernier livre d’Agnès Gueuret, L’OMBRE DU JOUR:

Contrairement aux livres précédents d’Agnès GUEURET, il ne faut pas s’attendre à trouver dans L’Ombre du jour. Au prétexte d’Osée une lecture d’un livre biblique, eût-elle le caractère d’une prose poétique. Encore moins d’une paraphrase. Il s’agit d’un recueil en vers libres. Aussi est-il impossible de donner ici une idée de sa vive sensibilité et de sa richesse d’expérience spirituelle. S’il est placé sous le signe du livre d’Osée, c’est la Bible entière qui forme son arrière-plan. Osée y tient cependant une place privilégiée, et c’est pourquoi l’on trouvera à la fin du volume une mise en place de ce livre prophétique, avec ses principaux thèmes. Un avant-propos que je trouve remarquable invite, à partir d’un passage de Michel Foucault, à être attentif à ce qui précède le poète en lui-même, le traverse et va vers de l’inconnu, portant toutes les questions, toutes les expériences de l’existence humaine, l’« ombre du jour ». Ce qui précède, ici, c’est la Bible, avec la présence d’un amour qui appelle, que l’on entend dans un monde où il est annoncé que « Dieu est mort », mais où des actes sont posés en faveur du pauvre et de l’opprimé (« Alors la foi en un Dieu qui se révélerait en accord avec ces actes et cette vision de l’être humain n’est pas sans fondement et l’espérance n’est pas insensée ».). Les poèmes veulent faire découvrir cette proximité aimante (« Vous tous qui passez là / dans la nuit, entendez / l’amour en sa patience / sur le chemin venant ») et miséricordieuse (car l’épouse adultère d’Osée devient la pécheresse pardonnée qui lave les pieds de Jésus). D’une autre manière, en tant que poèmes, ils ne communiquent rien : ils sont eux-mêmes un chemin.