Sous le figuier Très bel article de Jean Alexandre paru dans Libresens:

C’est le cinquième ouvrage d’A. Gueuret publié par les éditions « le corridor bleu ». On y retrouve la même veine, une contemplation poétique et passionnée des Écritures bibliques. On y est à nouveau gratifié de ce souffle ténu et tenu qui va au plus profond et dont l’auteure a le secret. Le titre lui-même invite à recevoir ces pages comme méditation puisque le couvert du figuier représente dans la Bible le lieu même de la lecture croyante et priante des Écritures.

Mais « Sous le figuier » est plus précisément le titre de la première partie du livre, dans laquelle on trouve un accompagnement des vingt-deux strophes du Psaume 119, prière de l’adoration des Enseignements de Dieu. L’obscurité profonde / cerne mes pas. / Écouter le silence, / y laisser résonner / les paroles du livre / qui viennent éclairer/ la nuit, le jour.

Viennent deux suites : « Psaumes et montées, degrés ou marches gravis par les pèlerins sur la route vers Jérusalem », et « Sur la lyre à huit cordes ». Ce sont alors, d’abord en quinze poèmes puis en quatre autres, l’élan et la liesse des pèlerins, quand ils montent à la Ville sainte, enfin l’appel à Dieu, l’émerveillement, le questionnement, la souffrance et l’ardeur de la louange. Est-il possible, ô Dieu / de te chanter lorsque je vois / misère, solitude, / sclérose des pensées / envahir point par point / les rouages grinçants / de notre société / loin des désirs qu’enfant / je voulais voir fleurir ?

Sous le signe d’Élie, quatre beaux poèmes plus personnels servent de châsse à cet ensemble.

Ici, les psaumes ont été écoutés, savamment étudiés, pour se faire à nouveau entendre en un aujourd’hui, transmués en poèmes par l’esprit, le rythme et le cœur. En ressort la poésie la plus simple et la plus démunie que l’on puisse recevoir : ce qui s’apparente à la profondeur des spirituels de toujours. Là résonne en vérité la corde de la lyre psalmique.