SOUS LE FIGUIER

Sous le figuier

Très bel article de Jean-Pierre Jossua dans le n°99 de la Revue des sciences philosophiques et théologiques consacré au dernier  livre d’Agnès Gueuret:

… Enfin, nous accueillons un nouveau recueil de poésie d’Agnès GUEURET, cette fois à partir des psaumes. L’avertissement nous précise que, comme dans les recueils précédents, « ce travail d’écriture est sous-tendu par une étude des textes bibliques dont il est fait référence à chaque page. Il n’est pas une traduction au sens littéral du terme, mais plutôt un exercice de l’esprit et du cœur pour s’accorder à ce qui a été entendu au long de cette étude ». Une version personnelle et actualisante, donc, comme chez Claudel, mais le résultat est assez différent. La structure du volume est celle-ci, très étudiée : une ouverture « dans la mémoire d’Élie » ; un premier ensemble de textes, « sous le figuier » (c’est le Ps 119) ; un poème comme interlude ; un deuxième ensemble, « degrés » (Psaumes des montées) ; un autre interlude ; quelques textes encore, « sur la lyre à huit cordes » (Ps 6, 139, 137 et 150) ; une reprise finale et quelques notes. Pour le Ps 119, mon impression est différente de ce à quoi je m’attendais. Ce psaume que Pascal aimait tant et que Steinmann décrivait comme le labeur ennuyeux d’un écolâtre, est à la fois touchant de fidélité et assez monotone. La version d’Agnès Gueuret est une excellente traduction – qui rend le texte plus vivant et plus lisible tout en en restant proche – plutôt qu’une réécriture. L’interlude I est un beau poème personnel évoquant les leçons d’un monde aimé. J’apprécie énormément les quinze versions des psaumes graduels, psaumes français à la fois plus nettement interprétés pour la plupart, en mètres très travaillés, et profondément accordés au texte original. L’interlude II part du début du Ps 42 pour s’infléchir ensuite et évoquer les épreuves de l’existence. La dernière section psalmique regroupe quelques textes à partir d’un enchaînement de thèmes : appel (Ps 6), émerveillement (Ps 139), louange (Ps 137 et 150). Enfin, la « reprise » est un poème qui, une fois de plus, témoigne d’une conscience inquiète et comme d’une crainte de la vie.

 

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